| Solidarité internationale avec le syndicat des travailleurs en Indonésie |
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La situation que vivent aujourd’hui les travailleurs d’une usine de la région de Bandung, en Indonésie, a commencé en 2009 lorsqu’un groupe de travailleurs s’est réuni pour discuter des problèmes grandissants avec leur employeur. L’usine fabrique des vêtements pour des marques européennes renommées, mais pour ses quelque mille employés, elle n’applique pas les normes relatives aux conditions de travail décentes et au salaire minimum.
Les journées de travail extrêmement longues, le rythme de production effréné auquel sont soumis les travailleurs, l’absence de contrat de travail et de sécurité sociale comptent parmi les principales difficultés des ouvriers de cette usine.
Après les premières réunions et avec l’aide et les conseils des membres de la JOC d’Indonésie, les travailleurs ont décidé de former un syndicat appelé « Lutte solidaire des travailleurs » et de commencer à organiser des actions visant à améliorer leurs conditions de travail. Ces actions consistaient notamment à négocier avec l’employeur et les autorités locales compétentes.
La JOC appuie ces actions en organisant des sessions de formation où les travailleurs peuvent en apprendre davantage sur leurs droits fondamentaux et les différentes manières de protester, et où ils peuvent améliorer leurs connaissances et accroître leur volonté d’agir. Bon nombre de ces travailleurs viennent de milieux défavorisés et ils ignorent tout de la législation du travail, de la façon dont ils peuvent s’organiser ou des moyens à utiliser pour obtenir un salaire décent, un contrat stable et une sécurité sociale.
Après les premières négociations avec les représentants de la firme, quelques revendications des travailleurs ont été satisfaites, mais pas suffisamment pour se conformer aux dispositions de la Loi locale relatives aux conditions de travail. Afin d’appuyer cette action, des membres de la JOC d’Indonésie se sont engagés aux côtés du syndicat des travailleurs et ont commencé à organiser des réunions mensuelles, des enquêtes concernant les besoins, les rêves et les attentes des travailleurs, les dépenses familiales, etc, ainsi que des actions avec le mouvement syndical.
En juillet 2010, les représentants de Lutte solidaire des travailleurs et des membres de la JOC ont tenu une réunion avec les travailleurs de l’usine et des représentants d’autres syndicats et mouvements ouvriers indonésiens pour discuter des problèmes existants et demander leur soutien en vue de signer ensemble une déclaration du mouvement des travailleurs. Cette pétition a ensuite été remise au Ministère indonésien du Travail dans l’espoir de voir cette action déboucher sur un blâme officiel de l’entreprise pour non-respect des lois et réglementations du travail. En réaction au nombre croissant d’actions menées par Lutte solidaire des travailleurs, l’employeur a commencé à exercer des pressions sur les travailleurs pour qu’ils cessent leurs démarches, et les premiers licenciements ont vu le jour.
Le 8 mars 2011, les dirigeants ont demandé au parlement local de Bandung de les rencontrer pour discuter des licenciements visant les travailleurs à Bandung. Lors de cette rencontre, les parlementaires ont écouté le compte rendu des travailleurs représentés par les délégués syndicaux. Ils ont exposé les problèmes, notamment le niveau salarial, les indemnités de licenciement, les heures supplémentaires et le système d’objectifs de production. À la date du 8 mars 2011, 462 travailleurs avaient été licenciés sans indemnités et en dehors de tout cadre légal. Maruli Rajagukguk, un militant de l’Institut d’assistance juridique de Djakarta a décrit la situation en ces mots : « Ils ont été licenciés injustement et illégalement par leur employeur après s’être alliés aux syndicats pour protester contre les piètres conditions de travail à l’usine. »
La grève des travailleurs réprimée dans la violence
Depuis le début des licenciements, les travailleurs ont mené une action de protestation devant l’usine, chaque jour entre 7 heures du matin et 17 heures. Fin mai 2011, la police a pris le contrôle de la zone occupée par les grévistes, commençant à évacuer les piquets de grève. Selon des jeunes travailleurs et autres témoins, la police a piétiné les protestataires pour les forcer à suspendre la grève. La Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) d’Indonésie a signalé qu’une travailleuse enceinte avait perdu son bébé après avoir été frappée à coups de pied par des policiers lors de la confrontation.
« Jusqu’à juin 2011, aucune mesure digne de ce nom n’a été prise par les autorités, tant au niveau régional que national, pour protéger les travailleurs licenciés sur décision unilatérale de l’employeur dans cette usine de Bandung en Indonésie », a écrit Ludovicus Mardiyono, du Réseau international pour la JOC d’Indonésie.
Les travailleurs demandent à être réintégrés en application de la Loi relative à l’emploi et aux salaires. Ils envisagent d’organiser un sit-in de 3 jours dans les bureaux du Ministère du Travail et d’avoir des entretiens avec le ministre en charge de l’emploi, M. Muhaimin Iskandar.
« Nous appelons à un soutien de toutes parts, tant sur le plan politique que financier. Nous remercions tous ceux qui feront parvenir leurs cris d’indignation au gouvernement indonésien et à l’employeur », a-t-il déclaré.
La JOCI voudrait exprimer sa solidarité avec les travailleurs de Bandung. Il est vraiment triste qu’une jeune femme ait perdu son bébé dans ces conditions. Nous estimons que les droits humains doivent être respectés. Lorsque nous lisons les nouvelles concernant les événements auxquels sont confrontés les travailleurs, nous avons conscience que leurs revendications n’ont rien d’exceptionnel ; ils ne font que réclamer les droits que leur reconnaît la loi.
Des membres locaux et nationaux de la JOC internationale ont envoyé des lettres de solidarité aux travailleurs et ont demandé au gouvernement indonésien d’intervenir pour résoudre ce conflit. Lors de sa participation à la Conférence internationale du Travail à Genève en juin dernier, la JOCI a également pris contact avec des représentants du gouvernement indonésien en espérant qu’une solution puisse être trouvée.
Nous aimerions attirer l’attention de l’employeur et des autorités compétentes sur le fait que les droits humains doivent figurer au nombre de leurs priorités absolues. Comme l’a proclamé notre fondateur, Joseph Cardijn : « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde. »
Si vous souhaitez appuyer cette action et exprimer votre solidarité envers les jeunes travailleurs en action à travers le monde : Compte de l’Équipe internationale de la JOCI : JOC Internationale aisbl Veuillez mentionner : Contribution pour les travailleurs indonésiens
Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à consulter les sites suivants (en anglais) : Cardijn Foundation news/English Indonesian newspaper- the Jakarta post/English Indonesia newspaper-tribuna news Indoensia newspaper–Pirikan Rakyat Indonesian newspaper-Galamedia Newer news items:
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La JOC d’Indonésie signale que les travailleurs membres du syndicat Lutte Solidaire des Travailleurs poursuivent leur action dans une usine textile de Bandung, en dépit des intimidations et actes de violence à la suite desquels une travailleuse enceinte a perdu son bébé.