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Augmentez les salaires des travailleuses agricoles ! PDF Imprimer Envoyer
women workersEn Inde, il n’est pas facile d’être femme. Il n’est pas facile non plus d’être dalit. La femme dalit est doublement opprimée, parce qu’elle est femme et parce qu’elle est dalit. Sa vie est faite de discrimination et d’injustice. La JOC d’Inde connaît bien ce problème car la majorité de ses membres sont dalits et elle mène des actions concrètes sur le terrain pour que les choses changent. En voici un exemple, à Pulimateau, un village de l’Etat du Tamil Nadu. Cette action a été menée avec des jeunes travailleuses agricoles.

Origine de l’action
A Pulimateau, les jeunes travailleuses agricoles recevaient un salaire journalier de 30 roupies (0,75$). A titre indicatif, un kilo de riz (aliment principal en Inde) coûte déjà 15 roupies. Dans leur groupe JOC, ces jeunes femmes ont calculé que pour subvenir aux besoins élémentaires d’une famille de cinq personnes, il fallait un minimum de 150 roupies par jour. Elles ont également examiné en profondeur leurs conditions de vie et de travail. Voici leur analyse.
Des conditions de vie peu enviables
Ces jeunes travailleuses vivent dans de petites maisons dépourvues de toilettes, sans chambre séparée pour les filles. Plusieurs générations vivent ensemble dans la même maison et il n’existe aucune intimité.
En raison du système de dot, les femmes indiennes doivent épargner de l’argent pour pouvoir se marier mais en raison de leur salaire de misère, elles n’y parviennent pas et certaines restent célibataires.
Leur salaire étant si bas, les jeunes travailleuses ne peuvent avoir un bon repas qu’une seule fois par jour. Il est préparé le soir et elles mangent les restes pour le petit déjeuner et le repas de midi. Les calories absorbées sont insuffisantes pour le dur travail qu’elles effectuent.
Pour beaucoup, il est impossible de penser à l’avenir et à l’avenir de leurs enfants. Ceux-ci ne peuvent aller à l’école en raison du manque d’argent. Ils restent donc à la maison toute la journée à jouer.
Une dure réalité au travail
Dans les champs où elles travaillent, ces jeunes femmes n’ont aucun équipement de protection. Elles n’ont pas de chaussures qui les protègent du verre et des épines qui pourraient les blesser. Elles risquent aussi d’être empoisonnées par des morsures de serpents ou des piqûres d’insectes mais il n’existe aucune infrastructure médicale et parfois, les travailleuses meurent au champ après avoir été mordues par un serpent et personne n’est tenu responsable de ces incidents, ni les patrons (propriétaires terriens), ni le gouvernement.
Le travail agricole est toujours saisonnier et aucun horaire maximum n’a été fixé.
Très peu de travailleurs agricoles possèdent leur propre lopin de terre. La plupart travaillent pour un propriétaire terrien mais il n’y a pas suffisamment de places pour tous. La concurrence est donc rude et pour être choisis, certains acceptent de travailler pour 25 roupies seulement.
La discrimination basée sur la caste est un élément culturel important. Dans certains villages, il arrive que les patrons donnent à manger à leurs travailleurs mais parfois, les dalits ne sont pas autorisés à toucher les assiettes avec leurs mains ou leurs bouches car les propriétaires ont peur qu’ils les souillent.
Les causes de la situation
Il n’existe aucun mouvement, aucune organisation qui mène un travail de sensibilisation au sein des dalits et dans la société en général. Personne ne met en lumière leur situation et leurs revendications. Les partis politiques ne s’occupent d’eux quand lorsqu’il s’agit de recueillir des voix pour les élections mais les promesses faites ne sont jamais tenues.
Le gouvernement ne considère pas ces personnes comme des travailleurs, il ne force pas les employeurs à respecter la législation du travail existante, par exemple les heures de travail ou le salaire minimum.
Les travailleurs dalits n’ont pas reçu de formation scolaire et ils croient très fort à leur religion. Ils ne réfléchissent pas à leur situation mais ils rejettent la faute sur la religion et dieu.

Un mouvement de grève pour réclamer une hausse des salaires

Après avoir analysé la situation avec le soutien de l’équipe nationale, l’équipe de district et des équipes d’action, les jeunes travailleuses sont passées au stade du ‘juger’.
Il est vite apparu que pour améliorer la situation, il fallait que les salaires augmentent. Une équipe d’action locale a élaboré une stratégie pour s’attirer le soutien de la population locale et des autres travailleurs.
Dans un premier temps, une réunion a eu lieu avec une organisation de femmes de la région pour discuter du problème avec elle. L’équipe d’action et l’association de femmes ont alors rencontré les autorités du village et il a été décidé de rencontrer le patron des jeunes travailleuses agricoles.
Ce dernier a refusé d’augmenter les salaires, invoquant les coûts élevés qu’il avait déjà. Le dialogue était dans l’impasse.
Les travailleuses ont alors décidé de faire grève pendant la saison des semailles du riz, période où les patrons ont besoin de beaucoup de travailleurs.
Une grève ! Comme personne ne voulait travailler dans le village, le patron est allé engager de la main d’œuvre dans les villages voisins et donnait 45 roupies par jour. L’équipe d’action s’est rendue dans ces villages pour sensibiliser ces gens au problème. Elle est parvenue à convaincre les autres travailleurs qui ont cessé de venir.
Le patron a donc été forcé de céder. Il a invité l’équipe d’action et d’autres représentants à dialoguer et les salaires ont été augmentés de 2 roupies.

Une campagne de signatures pour obtenir le soutien de la population

Une campagne de signatures a également été organisée. En avril, 200 signatures avaient déjà été recueillies au niveau local. C’est l’équipe d’action locale qui était chargée d’élaborer le plan et de rédiger la pétition avec l’aide de l’équipe nationale.
Le plan prévoyait de présenter la pétition au début de la saison des semailles, lorsque la pression est maximale pour le patron.
L’équipe nationale a également organisé une journée d’information avec un juriste chargé de répondre à toutes les questions juridiques des groupes en lien avec l’action menée.
 
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